Archives de catégorie : Zoom sur nos collections

La musique dans les civilisations antiques

À l’occasion de la Fête de la Musique, le 21 juin 2026, la Bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée vous invite à découvrir une sélection d’ouvrages consacrés à la musique dans les civilisations antiques. Plongez dans l’univers sonore des Grecs, des Romains, des Égyptiens et des Mésopotamiens, où la musique occupait une place centrale, à la fois sacrée, sociale et artistique. Tous les livres sont empruntables. Venez découvrir la sélection à l’accueil de la bibliothèque jusqu’au 30 juin 2026.

 

Harpist and singers from the tomb of Meryre at Amarna (18th dynasty.), photo S. Emerit.), cliché S. Emerit.

 

L’archéo-musicologie : l’art de reconstituer l’éphémère

L’étude de la musique dans les civilisations antiques se heurte à une difficulté majeure : son objet même, le son, est par nature évanescent. Contrairement aux vestiges archéologiques tangibles — poteries, inscriptions ou monuments —, la musique disparaît dès qu’elle cesse d’être jouée. Les traces qui nous en restent sont fragmentaires : quelques partitions incomplètes gravées sur des tablettes ou des papyrus, des représentations iconographiques d’instruments sur des fresques ou des bas-reliefs, et de rares fragments d’instruments eux-mêmes, souvent brisés ou altérés par le temps.

Les tablettes cunéiformes mésopotamiennes, les hymnes grecs notés sur des pierres ou les traités théoriques romains ne nous livrent que des bribes de ce qui fut un univers sonore riche et complexe. Comment reconstituer des mélodies, des rythmes ou des timbres à partir de ces indices ténus ? Comment saisir la dimension émotionnelle, sociale ou sacrée de ces musiques sans pouvoir les entendre ? L’archéo-musicologie relève ce défi en croisant les approches : analyse des textes anciens, étude des instruments conservés, et même tentatives de reconstitution sonore à partir des connaissances disponibles.

C’est cette quête passionnante, à la frontière de l’archéologie, de la musicologie et de l’histoire, que nous vous invitons à explorer à travers cette sélection d’ouvrages et de ressources.

 

La musique, langage universel de l’Antiquité

Moulage de la tablette de l’hymne d’Ugarit. Crédits : Ugarit (Syrie), 1400-1300 avant J.-C., plâtre, Paris, Collège de France © Collège de France, Archives. Fonds Schaeffer

Dès l’aube des premières grandes civilisations, la musique s’est imposée comme un élément fondamental de la vie quotidienne, religieuse et culturelle. En Mésopotamie, les tablettes cunéiformes, comme celles étudiées par Richard Dumbrill dans The Archaeomusicology of the Ancient Near East (2005), témoignent de l’existence de notations musicales dès le IIIe millénaire av. J.-C. Les hymnes en l’honneur des dieux Enki ou Inana (Ishtar en akkadien) étaient accompagnés d’instruments comme la lyre ou le pandoura, ancêtre du luth.

En Égypte ancienne, la musique était indissociable des rituels funéraires et des cérémonies royales. Hans Hickmann, dans son Catalogue d’enregistrements de musique folklorique égyptienne (1979), a étudié les instruments sacrés comme les sistres, dédiés à la déesse Hathor, ou les harpes et luths représentés sur les fresques des tombes de Thèbes. Ces traditions sonores, souvent liées au culte, révèlent une dimension spirituelle profonde.

 

La Grèce antique : l’harmonie comme idéal

Chez les Grecs, la musique — ou Μοῦσαι / Moûsai (les Muses) — était bien plus qu’un art : elle était une science, une composante essentielle de l’éducation. Les philosophes, de Pythagore à Platon, y voyaient le reflet de l’harmonie cosmique. Annie Bélis, dans Les Musiciens dans l’Antiquité (1999), explore le rôle des musiciens dans la société grecque, tandis que Egert Pöhlmann et Martin West, dans Documents of Ancient Greek Music (2001), nous transmettent des partitions et des théories musicales antiques. Les modes musicaux, comme le dorien ou le phrygien, étaient associés à des émotions et à des vertus morales.

Les instruments, tels que l’aulos (hautbois), la kithara (lyre perfectionnée utilisée par les musiciens professionnels) ou la syrinx (flûte symbôle de la nymphe éponyme, dans le mythe du dieu Pan), accompagnaient les tragédies d’Eschyle ou de Sophocle, ainsi que les jeux olympiques et les fêtes dionysiaques. Timothy Power, dans The Culture of Kitharôidia (2010), analyse la performance musicale dans la Grèce antique, tandis que Luisa Zanoncelli, dans La Manualistica musicale greca (1990), étudie les traités théoriques qui ont fondé la musicologie occidentale.

Les inscriptions de Delphes, compilées par Annie Bélis dans le Corpus des inscriptions de Delphes (1992), révèlent également l’importance des concours musicaux, comme les Jeux Pythiques, où les citharistes et aulètes s’affrontaient pour l’honneur d’Apollon.

Dans son ouvrage Monody in Euripides (2023), Claire Catenaccio explore une dimension essentielle de la musique grecque antique : la monodie, c’est-à-dire le chant soliste qui, dans la tragédie, incarne la voix des personnages. Véritable innovation à la fois littéraire et scénique, la monodie transcende la forme poétique de la tragédie grecque. Contrairement au chœur, qui représente la collectivité, la monodie donne à entendre l’intimité des émotions individuelles — la souffrance, la colère, la lamentation ou l’extase.

Chez Euripide, la monodie devient un outil dramatique puissant. Les héros de ces pièces les plus tardives, Iphigénie en Tauride, les Phéniciennes ou Oreste, expriment à travers le chant leur démesure (hybris) ou leur désespoir. Ces moments lyriques, souvent accompagnés de l’aulos, ne sont pas de simples interludes : ils révèlent la tension entre l’ordre social et les passions humaines. Claire Catenaccio montre ainsi comment Euripide utilise la monodie pour sublimer le lien essentiel entre musique et théâtre.

 

Symposium scene Nicias Painter (Musée national d’archéologie Salamanque) https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Symposium_scene_Nicias_Painter_MAN.jpg

Rome : la musique au service du pouvoir et du culte

Les Romains, héritiers des Grecs, ont intégré la musique dans leur vie publique et privée. Christophe Vendries, dans Instruments à cordes et musiciens dans l’Empire romain (1999, coécrit avec Annie Bélis), décrit le rôle des tibicines (joueurs de flûte) qui accompagnaient les sacrifices, les triomphes militaires et les funérailles. Les citharèdes (chanteurs accompagnés de la cithare) animaient les banquets des patriciens, comme le montre Alexandre Vincent dans Jouer pour la cité (2017).

La musique était aussi un outil politique : l’empereur Néron, passionné de chant et de cithare, organisait des concours musicaux pour affirmer son prestige. Marie-Hélène Delavaud-Roux, dans Musiques et danses dans l’Antiquité (2011), souligne la diversité des pratiques musicales romaines, des tuba (trompettes droites) aux hydraules (orgues à eau), qui marquaient les jeux du cirque.

 

Le Proche-Orient et la Méditerranée : un héritage partagé

Les échanges culturels entre la Grèce, Rome, l’Égypte et la Mésopotamie ont enrichi les traditions musicales. Giovanni Casali et Alessia Zangrando, dans Suoni e strumenti musicali nel mondo antico (2024), offrent une synthèse des découvertes archéomusicologiques récentes, tandis que Sibylle Emerit, dans Musiques ! (2017), met en lumière les instruments et les pratiques musicales à travers les collections du Louvre-Lens.

Pour les périodes plus tardives, Christian Troelsgard, dans Byzantine Chant (1997), explore la transition vers les traditions musicales byzantines, héritières directes de la Grèce antique.

Un héritage vivant

Ces traditions musicales, bien que souvent fragmentaires, ont traversé les siècles pour influencer les musiques médiévales, byzantines et même modernes. Les recherches contemporaines en musicologie antique, comme celles menées par Annie Bélis, Christian Vendries ou Sibylle Emerit, permettent de reconstituer ces sons disparus et de mieux comprendre leur rôle dans les sociétés anciennes.

 

Sélection bibliographique à découvrir et emprunter à la bibliothèque :

  • Bélis, A. (1992). Corpus des inscriptions de Delphes. Ecole française d’Athènes. TXT CN360. CID 1992
  • Bélis, A. (1999). Les musiciens dans l’Antiquité. Hachette. REF AC25.V52. B4 1999
  • Casali, G., & Zangrando, A. (2024). Suoni e strumenti musicali nel mondo antico. L’Erma di Bretschneider. ACL N8226. S8 2024
  • Catenaccio, C. (2023). Monody in Euripides. Cambridge University Press. TXT PA3976.9. C3 2023
  • Delavaud-Roux, M.-H. (2011). Musiques et danses dans l’Antiquité. Presses universitaires de Rennes. HCL ML167. M8 2011
  • Dumbrill, R. (2005). The Archaeomusicology of the Ancient Near East. Trafford. AOR PJ3921.M8. D8 2005
  • During, J. (2023). Musique et extase. les Éditions du Cerf. BAB BP189.65.M8. D8 2023
  • Emerit, S. & Louvre-Lens. (2017). Musiques ! Musée du Louvre-Lens. ACL N8226. M8 2017
  • Garcia-Ventura, A. (2018). The study of musical performance in antiquity. Cambridge Scholars Publishing. ACL N8226. G3 2018
  • Gülgönen, S., & Bélis, A. (2009). Des lyres et cithares. Les Belles Lettres. TXT PA3015.M87. L88 2010
  • Hickmann, H. (1979). Catalogue d’enregistrements de musique folklorique égyptienne. V. Koerner. EGY ML164. H5 1979
  • Jan, C. von. (1995). Musici scriptores graeci. B.G. Teubner. TXT PA3404
  • Martin, E. (1953). Trois documents de musique grecque. C. Klincksieck. HCL ML167. M3 1953
  • Nielson, L. (2021). Music and musicians in the medieval Islamicate world. I. B. Tauris. BAB ML3545, N5 2021
  • Otte, M. (1994). Sons originels. Etudes et recherches archéologiques de l’Université de Liège. PHG GN799.A7. S6 (1992)1994
  • Pöhlmann, E., & West, M. L. (2001). Documents of ancient Greek music. Clarendon Press. TXT PA3499.M8. P6 2001
  • Power, T. C. (2010). The culture of kitharôidia. Center for Hellenic studies. HCL ML167. P6 2010
  • Troelsgard, C., & Institute, D. (1997). Byzantine chant. Danish Institute at Athens. BAB ML3060. B881997
  • Vendries, C. (2001). Chanter les dieux. Presses Univ. de Rennes. HCL BL775.M8. C48 (1999)2001
  • Vendries, C., & Bélis, A. (1999). Instruments à cordes et musiciens dans l’Empire romain. Etude historique et archéologique (IIe siècle av. J.-C. / Ve siècle ap. J.-C.). L’Harmattan. HCL ML167. V4 1999
  • Vincent, A. (2017). Jouer pour la cité. Editions de Boccard. HCL ML167. V5 2016
  • Zanoncelli, L. (1990). La Manualistica musicale greca : Euclide. Cleonide. Nicomaco. Excerpta Nicomachi. Bacchio il Vecchio. Gaudenzio. Alipio. Excerpta Neapolitana. Guerini studio. HCL ML167. Z3 1990     

Et pour aller plus loin et découvrir l’archéo-musicologie, voici un sélection d’émissions et de pistes sonores à explorer :

Emmanuelle Gayral, Bibliothécaire à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée

19 Juin 2026

La bibliothèque de Marie Drew Bear rejoint les collections de la bibliothèque de la MOM : un héritage scientifique d’exception

Au début de l’année 2025, Marie Drew-Bear, papyrologue de renom et ancienne professeure à l’université Lumière Lyon 2, a exprimé auprès de plusieurs collègues de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée son souhait de faire don de sa bibliothèque personnelle à la bibliothèque de la MOM.
Ce legs, fruit d’une carrière dédiée à l’étude des papyrus et à l’histoire d’Hermoupolis Magna en Égypte, représente un apport scientifique inestimable pour la recherche lyonnaise, française et internationale.

Marie Drew-Bear : parcours d’une papyrologue lyonnaise
Née Marie Falletti le 10 mai 1938 à Lyon, dans une famille d’intellectuels, son père, Louis Joseph Falletti, était juriste et professeur de droit à Lyon, Marie Drew-Bear grandit entre Lyon et Annecy, berceau familial. Après des études brillantes, elle obtient l’agrégation de grec en 1962. Sa rencontre avec la papyrologie est presque fortuite et vient de sa prise de poste à Mulhouse, ce qui lui permet de suivre à Strasbourg les cours de Jacques Schwartz, éminent papyrologue. Ce dernier, reconnaissant son talent, lui confie des papyrus à éditer. Elle se prend au jeu et, avant même d’avoir soutenu sa thèse, entre au CNRS en 1969.

Formée par Jacques Schwartz et Roger Rémondon, elle soutient sa thèse de 3e cycle en 1971, puis son doctorat d’État en 1988, tous deux à la Sorbonne. Sa carrière académique la mène de Mulhouse à Lyon, où elle devient assistante à l’université Lyon 2 en 1977, puis maîtresse de conférences en 1985, avant d’être nommée professeure en 1992. Elle part à la retraite en 2025-2006

Spécialiste d’Hermoupolis Magna, ville de Moyenne Égypte située en face d’Antinoé et ayant livré des centaines de papyrus au cours de fouilles menées au début du XXe s., Marie Drew-Bear est l’autrice de deux ouvrages majeurs sur la ville et sa région :

  • Le nome hermopolite : toponymes et sites, American Studies in Papyrology 21, 1979.
  • Les Archives du Conseil Municipal d’Hermoupolis Magna, Corpus Papyrorum Ranieri 35, De Gruyter, 2020 (avec la collaboration de François Chausson et Herwig Maehler).

Sa rencontre avec Thomas Drew-Bear, éminent épigraphiste et spécialiste de l’Asie Mineure, a lieu sur les bancs de l’EPHE, où tous deux assistent aux cours d’épigraphie de Louis Robert. Ensemble, ils constituent deux bibliothèques de référence : l’une d’épigraphie (récemment léguée à l’équipe HiSoMA de Lyon 3), l’autre de papyrologie. Attentifs à la parution des éditions papyrologiques et des principales revues spécialisées, et toujours en quête d’éditions anciennes ou rares, ils vont réunir une collection particulièrement impressionnante.

La convention de don et le déménagement
La convention de don a été signée le 10 avril 2025. Marie Drew-Bear a désigné Bérangère Redon, chercheuse au laboratoire HiSoMA et spécialiste de l’Égypte hellénistique, comme responsable du legs. Cette dernière a réalisé en juin 2025 un inventaire préliminaire des collections avec ses collègues lyonnais Julien Aliquot, Jérémy Clément, Dan Dana, Antonio Ricciardetto et Jean-Baptiste Yon. Le déménagement, mené de main de maître par l’exceptionnelle équipe de la bibliothèque de la MOM, dirigée par Franck Capisano, a eu lieu le 10 décembre 2025.

Un fonds documentaire exceptionnel
Le don de Marie Drew-Bear à la MOM comprend environ 1 300 ouvrages, dont plus d’un tiers étaient absents des collections existantes. Ce fonds, en cours de traitement, inclut des corpus d’éditions de papyrus référencés selon la Checklist of Editions of Papyri, des monographies, des actes de congrès, des séries spécialisées et des revues spécialisées complètes. Parmi les trésors de cette bibliothèque, on trouve des éditions rares et anciennes, ainsi que des documents inédits qui combleront des lacunes significatives, notamment dans le fonds TXT.

L’inventaire préliminaire a révélé la présence des éditions de papyrus introuvables dans la plupart des bibliothèques universitaires car de diffusion limitée, et que Marie Drew-Bear avait soigneusement acquises : Aberd., P.Anag., P.Athen., P.Benaki, P.Dura, P.Got., P.Holm., P.Vars. ou encore P.Yadin. On y trouve aussi des éditions anciennes, comme les P.Hib., P.Lille, P.Lond., P.Marm. ou encore les UPZ (Urkunden der Ptolemäerzeit édités par U. Wilcken) accessibles à l’achat seulement aux collectionneurs. Car en effet, Marie Drew-Bear a fait preuve d’une remarquable persévérance non seulement en achetant systématiquement tous les ouvrages des collections les plus importantes à partir du début des années 1970, alors qu’elle débutait sa carrière, mais aussi en rachetant les numéros anciens lorsqu’elle n’avait pu le faire initialement. Grâce à cette détermination, ses collections sont plus complètes que celles de la MOM et la bibliothèque lyonnaise dispose désormais des numéros 1 à 11 de la fameuse BGU, ou encore des numéros 73 à 80 des P.Oxy., l’une des plus grandes entreprises d’édition de papyrus jamais conduite, et qui manquaient à son inventaire.

Il faut rappeler que la bibliothèque de la MOM, déjà riche en papyrologie avant ce don, a hérité des fonds de l’ancienne bibliothèque centrale universitaire de Lyon. Or, celle-ci a subi un incendie dévastateur le 11 juin 1999, entraînant la perte de 350 000 livres, dont de nombreux ouvrages de papyrologie, ce qui avait créé des lacunes dans les collections.

Un héritage pour les générations futures
Ce don généreux témoigne de l’attachement de Marie Drew-Bear à la recherche, à l’enseignement et à la diffusion des connaissances. En confiant sa bibliothèque à la MOM, elle offre aux chercheurs et étudiants un outil de travail unique, tout en perpétuant son engagement pour l’étude des sources antiques. Ce legs s’inscrit dans le dynamisme actuel des recherches en papyrologie et, plus largement, sur l’histoire de l’Égypte ptolémaïque et romaine au sein du laboratoire HiSoMA. Il permettra également de renforcer la formation des étudiants, toujours plus nombreux à s’intéresser à la papyrologie. Faisons le vœu que ce don s’accompagnera du retour de l’enseignement de cette discipline à l’université de Lyon !

La Maison de l’Orient et de la Méditerranée adresse ses plus vifs remerciements à Marie Drew-Bear pour ce précieux legs, qui enrichira durablement ses collections.

Carton jaune ou Ticket d’or à la revue ?

« – Mais à quoi servent ces cartons jaunes sur les étagères des revues et collections de la bibliothèque ?

– Ce sont comme des tickets d’or pour la revue. Ils indiquent la présence de volumes en texte intégral accessibles en ligne pour la revue en question. Ça peut-être utile puisque la plupart de nos revues ne s’empruntent pas et que nous n’avons pas forcément tous les volumes en papier. »

Cet accès accès au texte intégral se fait en scannant le QR code sur le carton, ou en indiquant l’url indiqué sur le site Mir@bel, qui est une base de connaissance sur les revues.  Ce développement a été réalisé par Amélie Descollonges dans le cadre du projet Rev@ntiq et basé sur un script de génération de QR codes librement réutilisable déposé sur Gitlab.

Mode d’emploi

On scanne le QR code avec l’appli photo de son tel et on valide l’ouverture du navigateur avec l’url de ce QR code pour arriver sur la page de la revue dans Mir@bel.

Accès libre, restreint ou abonné ?

Sur la page de la revue dans Mir@bel, vous pourrez accéder à la revue en ligne via la frise chronologique du texte intégral en haut ou le tableau des accès en ligne en bas. Le texte intégral pourra être indiqué Libre / Restreint / Abonné. Exemple :

S’il est indiqué la modalité restreinte comme dans l’exemple ci-dessus, allez en bas de la page pour sélectionner votre établissement et personnaliser ainsi votre navigation dans Mir@bel :

  • Si vous souhaitez savoir si le CNRS (BibCNRS SHS) est abonné, allez sélectionner en bas de page Frantiq (le lien vous demandera vos identifiants Janus pour le CNRS SHS).
  • Si vous souhaitez savoir si l’Université Lyon 2 est abonnée et accéder sélectionnez la personnalisation MOM (vous devrez vous identifier avec vos codes Lyon 2).
  • L’Université Lyon 2 est également partenaire Mir@bel mais ne déclare pas ses abonnements sur la plateforme, donc inutile de la sélectionner.

Signalez une erreur, un changement sur la revue dans Mir@bel ?

Les informations sur les revues évoluent assez vite. Les partenaires Mir@bel essayent de maintenir les informations à jour mais n’hésitez pas à nous signaler tout problème (accès erroné, accès en ligne manquant, changement d’éditeur…).

2 façons de nous le signaler :

  • En nous envoyant un mail à l’adresse bibliotheque_at_mom.fr
  • Directement sur la notice en cliquant sur le crayon (pour une erreur sur les informations bibliographiques ou un accès en ligne) ou sur le + vert pour suggérer l’ajout d’un accès en ligne, exemple :

A vous de scanner !

Notre catalogue interrogeable via la BU Lyon 2

C’est avec plaisir que nous accueilons de nouveaux lecteurs à la bibliothèque cette année 2025 qui ont découvert notre fonds via le catalogue des bibliothèques de Lyon 2. En effet depuis fin 2024, vous pouvez passer par le catalogue de la BU (outil Exploradoc) pour trouver nos ouvrages et nos revues. La recherche se passe ici.

Voici à quoi ressemble un résultat de recherche :

 

La cote et la localisation de l’exemplaire sont indiquées, quant à sa disponibilité, un lien vers notre catalogue permet de retomber sur la notice du document dans Frantiq et voir ainsi sa disponibilité physique dans notre bibliothèque. 

Cela permet aux lecteurs de la communauté Lyon 2 de découvrir notre catalogue et ses multiples atouts : 

  • les rebonds entre notices
  • le lien des auteurs et collectivités avec le répertoire IdRef et le catalogue Sudoc
  • l’indexation avec le thésaurus Pactols
  • la présence d’accès en ligne signalé par l’encart Mir@bel, encore amélioré fin 2024. Pour en savoir plus, allez lire notre billet ici.

Ces atouts, qui ne datent pas d’hier, vous avez été présentés dans ce billet de 2023.

Et pour les revues le lien Mir@bel est même mentionné sur la notice de la revue dès les résultats de recherche. En voici l’illustration avec Journal of World Prehistory :

Bon à  savoir : La mise à jour de nos notices dans l’outil Exploradoc se fait tous les 15 jours.

Bon Exploradoc !

 

 

Gérer les collections patrimoniales de la bibliothèque de la MOM : un stage multi-facettes

Le saviez-vous? La bibliothèque possède des ouvrages Rares, Anciens et Précieux. C’est le fonds RAP, et il contient environ 1800 documents anciens, datant parfois du XVIème siècle! Impressionnés?

Fragiles, précieux, parfois difficiles à manipuler, ils sont accessibles au public sur demande uniquement. C’est pourquoi la bibliothèque veut les numériser et les mettre en ligne sur la plateforme Digimom, pour le grand public.

Pourquoi je vous raconte tout ça ?
Stagiaire d’avril à juillet 2023, j’avais la grande mission de préparer un corpus d’ouvrages à numériser. Mais dès mon arrivée, j’ai vite compris que ces 4 mois allaient être insuffisants pour terminer le projet. Sélectionner des ouvrages à numériser, au premier abord, ne semblait pas être très compliqué. Seulement, impossible de mettre la main sur certains ouvrages : le fonds était complètement désorganisé. La faute à un déménagement des documents – nous ne citerons ici aucune société – qui s’est mal passé. C’est ainsi que commence ma première mission de stage : réorganiser le fonds et trouver un plan de classement pour ces ouvrages, encore mieux que celui qui existait à l’époque.

Vous vous en doutez, il n’est pas possible de ranger les documents à la suite des autres. Pour établir un plan de classement, il faut mettre en place un ensemble cohérent et organisé selon des critères précis (format, thématique, auteur, date, etc.). Et n’est pas tout, il faut aussi respecter bon nombre d’objectifs. Ici, en l’occurrence : retrouver facilement les ouvrages, pouvoir repérer les auteurs phares – comme Salomon Reinach, exemple choisi au hasard – et surtout, gagner de la place. Or, comme si cela ne suffisait pas, nos ouvrages RAP sont particuliers. Il n’y a pas toujours d’auteur identifiable, les formats sont très différents, et les livres sont plus fragiles que d’ordinaire (à cause de leur ancienneté et des matériaux qui les composent). En bref, réorganiser ce fonds n’est pas une mince affaire.

Heureusement, un autre stagiaire avait déjà réfléchi à la question juste avant mon arrivée : Tristan Pertegal. Lauréat du concours 2022 de bibliothécaire d’état, il est venu à la bibliothèque en février-mars pour son stage pédagogique dans le cadre de la formation des élèves fonctionnaires bibliothécaires avant de prendre son poste. Avec Véronique Faure, la responsable du fonds RAP, nous avons repris ses idées et nous nous sommes plongés dans cette quête. Tantôt à débattre du système le plus optimal pour repérer les livres, tantôt armé d’un mètre à couture, de planches de bois et d’une détermination sans faille pour agencer la pièce du mieux possible ; la réalisation a été tant intellectuelle que manuelle. Mission accomplie, le nouveau plan de classement est prêt et la réorganisation bien entamée. Un grand merci aux bibliothécaires qui nous ont aidés à déplacer des ouvrages aussi grands que mes jambes.

Mais Rome ne s’est pas construite en un jour ; même si nous savons désormais comment procéder pour la réorganisation, cela va prendre du temps. En particulier avec une telle masse de documents, et une seule personne responsable pour s’en occuper – ce qui explique les stagiaires en renfort. En l’état, il est donc toujours aussi difficile de prendre des repères au milieu de tous ces livres. Rappelez-vous, mon autre mission est d’établir un ensemble de documents à numériser, et dans l’idéal de commencer la numérisation. Je devais donc parcourir les 1800 documents du fonds RAP, et faire une sélection.J’avais conscience de ne pas avoir le temps suffisant pour terminer la mission. Il m’était tristement impossible de proposer un corpus complet et détaillé dans le temps imparti. N’étant pas du genre à aimer rendre un travail à moitié fait, j’ai proposé à la place une politique de numérisation. Pour vous expliquer simplement, ce petit document de trois pages répertorie tous les critères de sélection et donne des détails sur la procédure mise en place. Mais pour que cela fonctionne, il fallait faire appel à de l’informatique documentaire – et à Marie Chebance, bibliothécaire experte en la question. Résultat, grand plongeon dans la partie immergée du catalogue, à écrire en langage SQL et à formuler des requêtes dans notre logiciel Koha. Remonté à la surface, il n’y avait plus qu’à demander l’avis des responsables du service numérisation pour finaliser le document.

Un scanner à la pointe pour des images de qualité © Bouchard Clément 2023

Vous l’aurez compris, maintenant il faut passer à l’étape de réalisation pour enrichir la plateforme Digimom. Priorité aux thématiques des CollEx [c1] de la MOM et aux ouvrages de voyages archéologiques. Après tout, peut-être que ces collections patrimoniales cachent des pépites scientifiques…

Riche en collaboration et en partage d’idées, ce projet m’a montré bien des facettes du métier de bibliothécaire. Travailler entouré de la bienveillance et de l’expertise des membres de l’équipe était particulièrement motivant. Il reste encore beaucoup à faire, mais tout est en place pour laisser la main aux collègues ou à un futur stagiaire !


Les dons O. Callot et J.-F. Salles

À l’automne 2022, la bibliothèque de la MOM a eu l’opportunité et le privilège de bénéficier de deux importants dons d’anciens chercheurs de la MOM, et pas des moindres : Olivier Callot et Jean-François Salles.

Le legs d’Olivier Callot, architecte-archéologue décédé en 2022, représente près d’un millier de documents (ouvrages, fascicules de revues, rapports, tirés-à-part…) couvrant principalement tous les pans de son activité et de ses intérêts scientifiques (histoire, archéologie, histoire de l’art, numismatique, architecture…) en lien avec les pays où il avait exercé (Liban, Jordanie, Syrie, Chypre, Koweït, Émirats…). Un gros tiers des ouvrages récupérés ont été identifiés comme des « inédits », c’est-à-dire absents des collections de la bibliothèque. On y trouve notamment des volumes sur l’histoire de l’Empire byzantin, de l’Orient latin, de numismatique médiévale et d’exploration archéologique du Proche-Orient.
Le traitement du don Callot est terminé et les « inédits » qui concernaient tous les préfixes, ont pratiquement tous été intégrés aux collections de la bibliothèque.

Le legs de Jean-François Salles, archéologue et ancien directeur de la MOM, comprend, lui, près de 1500 volumes autour de diverses thématiques (archéologie, histoire, religion, histoire de l’art, navigation, économie, épigraphie…), mais qui ont du sens eu égard à son activité scientifique en Méditerranée orientale (Grèce, Chypre), au Proche-Orient (Liban, Syrie, Jordanie, Golfe arabo-persique…) et au-delà (Sri-Lanka, Inde, Bangladesh…).
Ici aussi, forcément, beaucoup de doublons avec nos collections, mais également de nombreux « inédits », notamment ceux relatifs à sa participation aux fouilles de Mahasthan (Bangladesh) et à son intérêt scientifique pour le sous-continent indien. L’intégration, en cours, de ces ouvrages sur cette thématique est une vraie plus-value pour la bibliothèque. Ainsi, il s’agit d’une documentation assez originale, cohérente et peu (voire pas) diffusée en France, car publiée en Inde ou au Bangladesh et rapportée directement par Jean-François Salles. Il faudra valoriser ces ouvrages, qui, pour certains, ne se trouvent qu’à la bibliothèque de la MOM, afin d’en donner une plus grande visibilité extérieure. L’essentiel des ouvrages sur le sous-continent indien s’intégreront aux collections d’AOR pour la période antique et en BAB les époques médiévale et suivante.

Il va sans dire que les doubles des dons Callot et Salles serviront précieusement lors des campagnes d’échanges d’ouvrages qu’entretient la bibliothèque avec des centres documentaires partenaires en France et à l’étranger.

Un fonds patrimonial à la bibliothèque

Nous inaugurons ici une série de billets présentant une partie de la bibliothèque qui ne vous est pas familière car inaccessible : le fonds patrimonial, anciennement dénommé fonds ancien.
Ce changement d’appellation n’est pas le fruit du hasard mais bien une volonté d’affirmer ses spécificités. Tout comme les autres domaines de la bibliothèque ce fonds a un “Préfixe” qui l’identifie : RAP = “Rares, Anciens, Précieux” qui rend compte de la diversité qui le constitue, et avec lequel l’appellation “Fonds Patrimonial” sera plus en adéquation.
La dénomination “Fonds ancien” ne peut rendre compte de la variété des éléments conservés dans une bibliothèque car elle est trop restrictive : un fonds ancien désigne des éléments définis par une antériorité, encadrés par des dates.
Or, il est de notoriété publique que les bibliothèques ont de tous temps été les récipiendaires de “matières” et “matériaux” très diversifiés.
Lieux de rassemblement, de conservation et de diffusion de la connaissance, mémoire de nos sociétés, les bibliothèques ont été choisies pour recevoir des dons, legs en plus des acquisitions plus courantes qu’elles effectuent; ce qui les a amené à gérer des éléments divers mais émanant d’une même personne ou structure.

Les bibliothèques publiques ont un double ancrage sur la conservation et l’éducation par la lecture. Pour différentes raisons le deuxième a longtemps été privilégié, et l’introduction des bibliothèques dans le Code du Patrimoine est récente. Le livre III du code du patrimoine s’applique aux bibliothèques territoriales (Bibliothèques Municipales et Bibliothèques Départementales) et aux bibliothèques de l’Etat relevant du ministère de la Culture ; il ne s’applique pas aux autres bibliothèques publiques (ni aux Bibliothèques Universitaires, qui relèvent du code de l’Education, ni aux bibliothèques de services d’archives), ni aux bibliothèques privées.

En nous référant aux définitions, aux rapports officiels et aux lois ou décrets, nous pouvons définir une typologie des documents conservés. La Charte des bibliothèques adoptée par le Conseil supérieur des bibliothèques le 7 novembre 1991 donne les définitions suivantes :

  • Par document ancien, on entend tout document de plus de cent ans d’âge. Par document rare, on entend tout document qui ne se trouve dans aucune autre bibliothèque proche ou apparentée, ou pour une bibliothèque spécialisée tout document qui entre dans sa spécialité. Le caractère précieux d’un document doit être, indépendamment de sa rareté, apprécié en fonction de sa valeur vénale, culturelle ou scientifique, en particulier pour les documents d’intérêt local ou ceux qui entrent dans la spécialité d’une bibliothèque spécialisée.
  • un document imprimé patrimonial est un document que l’on conserve ou bien un document récent que l’on acquiert dans la perspective de le conserver.
  • Par document on entend non seulement les unités bibliographiques mais des collections dont la valeur globale peut être sans rapport avec celle de chacun des éléments qui la composent. Il faut entendre aussi le document dans sa particularité dont la valeur peut être sans rapport avec celle des autres exemplaires connus.

Un document peut être rare ou précieux en fonction de critères concernant aussi bien le « contenu que le contenant » : reliure particulière, document ayant appartenu à un personnage célèbre, document portant un ex-libris, livre-objet, collection iconographique, collection thématique, leg ou don conservés par la bibliothèque dans leur intégralité pour respecter l’intégrité du don. Il peut s’agir d’exemplaires uniques ou très peu diffusés – comme les manuscrits, les dessins originaux … , les imprimés avec une spécificité comme un ex-libris, un ex-dono qui permettent de retracer l’histoire de ce livre et de ses possesseurs, livres-objets, la bibliophilie contemporaine, les collections iconographiques qu’il s’agisse d’estampes, gravures, photographies, cartes ou plans, médailles commémoratives -, ces listes ne sauraient être exhaustives.

Pour finir, revenons sur la création de ce fonds patrimonial.
L’ actuelle bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée-Jean Pouilloux est héritée des bibliothèques rattachées aux instituts de recherche qui composent ou ont été une composante de la MOM.
Chaque institut avait sa propre bibliothèque, et c’est au moment où il a été décidé de regrouper toutes ces bibliothèques, non seulement dans un seul bâtiment mais en refondant les collections afin de leur donner une cohérence et une cohésion d’ensemble, que le fonds patrimonial est né.
Les documents patrimoniaux ont été extraits de ces bibliothèques en fonction de critères de dates, de rareté  et en introduisant la notion de conservation comme élément primordial. Ainsi, une salle a été dédiée à ces documents en respectant les conditions de conservation prescrites telles que l’indice UV, la température et l’hygrométrie. Du matériel spécifique a été, et est toujours, utilisé car on ne saurait appliquer les mêmes protections sur une couverture actuelle que sur une reliure cuir ou parchemin. Ainsi le cuir est un matériau “vivant”, qui doit respirer et être entretenu selon des recommandations normées. (cf. sur ce point les prescriptions de la BNF : https://www.bnf.fr/sites/default/files/2018-11/entretien_cuir.pdf )
Il existe de nombreuses règles et recommandations qui encadrent les interventions, et nous utilisons les services d’une restauratrice quand les interventions ne peuvent être réalisées en interne.

Nous vous présenterons certains des documents que nous conservons  et les donateurs dans de futurs billets.

 

Les biographies de Muhammad, prophète et fondateur de l’islam

Dans le cadre du renouvellement des études savantes sur les débuts de l’islam qui a donné lieu, à partir des années 90, à la parution de nombreuses publications scientifiques, il nous a paru opportun d’apporter notre modeste contribution à la mise en valeur de ces recherches avec l’élaboration, dans un premier temps, d’une bibliographie analytique sur LA personnalité incontournable de la religion islamique, le prophète Muhammad.

Ainsi, dans les collections « Islamologie » du fonds BAB, plusieurs rayonnages sont actuellement consacrés à Muhammad (communément appelé Mahomet), le fondateur de la religion musulmane, personnage historique dont le prénom est universellement connu mais dont la vie et l’œuvre restent largement ignorées, notamment chez les non-musulmans .

Dans ce billet, afin d’en valoriser la visibilité, nous nous attellerons à référencer l’ensemble des publications monographiques, françaises et étrangères, qui portent sur cette thématique et que possède la bibliothèque de la MOM (ou pas encore).

Chaque référence sera suivie d’un cours résumé et complétée le cas échéant de liens vers des ressources en ligne (recensions, texte intégral…). Cette bibliographie thématique est classée en plusieurs rubriques (Contexte, Biographies, Entourage, Postérité de Muhammad, Sources et historiographies) qui s’enrichiront au fil des futures acquisitions dont le but aussi est de combler les quelques lacunes du fonds.

Ce travail de recension, à destination d’un lectorat novice mais curieux, pourrait être un point d’entrée à la production scientifique française et étrangère autour de cette figure inévitable et controversée de l’histoire des religions.

Version en pdf Biographies_Muhammad

CONTEXTE

Vie et société au temps de Mahomet / Wahib Atallah . – Gollion (Suisse) : Infolio , 2019 . – 1 vol. (238 p.) : couv. ill. en coul. ; 22 cm.- ISBN 9782884749787.

BAB DS38.1. A76 2019

La Mecque, VIIe siècle : Comment vivait-on, que faisait-on, que pensait-on au temps et au pays de Mahomet ? Voici un tableau documenté et coloré du monde dans lequel est né l’Islam. La vie quotidienne, les moeurs et croyances, les lois, le commerce et la guerre, les relations entre tribus, entre maîtres et esclaves, entre hommes et femmes : une société nous est restituée dans toute sa complexité et vit sous nos yeux à travers une série d’anecdotes tirées de la Tradition. Wahib Atallah, professeur honoraire à l’Université de Nancy, arabisant, helléniste et historien, s’est intéressé aux divinités orientales de la Grèce, au panthéon préislamique de l’Arabie et à l’environnement de l’Islam naissant. Il a donné en français la première édition complète de la “Biographie de Mahomet” d’Ibn Hichâm.


Le Seigneur des tribus : l’islam de Mahomet / Jacqueline Chabbi ; préface d’André Caquot . – Paris : Noêsis , 1997 . – 1 vol. (726 p.) ; 23 cm.- ISBN 2911606132

BAB BP75.13. C48 1997

L’islam contemporain, religion mondiale, présente sur les cinq continents, se réclame souvent de son passé. Mais quels furent ses débuts ? Comment est apparu le Coran ? Dans quel monde ? À qui s’est-il d’abord adressé ?
C’est à ces questions que répond Jacqueline Chabbi dans une enquête à la fois anthropologique et linguistique, historique et sociale sans précédent. Pour la première fois, le texte est replacé dans son contexte. Il est lu en regard des sources arabes qui l’ont représenté. Il est lu en regard des territoires, paysages, peuples, institutions, pratiques religieuses, politiques, culturelles, au sein desquels il a émergé. Il est lu en regard de la façon dont il a été initialement perçu et reçu.
C’est donc à découvrir, à travers l’anthropologie et l’histoire, un islam premier, singulièrement méconnu, que s’attache le présent ouvrage. Treize ans ont passé depuis l’édition initiale de ce livre sans que les hypothèses qui y sont formulées sur « l’islam de Mahomet » aient été démenties. (Electre)

Recensions

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Don de Robert Turcan

Né en 1929 à Paris, historien, archéologue, enseignant aux universités de Lyon puis Paris IV, et spécialiste des religions orientales et romaines, Robert Turcan était aussi un grand habitué de la bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée.

Source : Académie des Inscriptions et Belles Lettres

De mémoire de bibliothécaire, il fréquentait déjà nos rayonnages au temps de l’ancienne bibliothèque d’archéologie classique, dite “bibliothèque Salomon Reinach”. Au sein de l’équipe, celles et ceux qui ont eu la chance de le côtoyer gardent le souvenir d’un homme d’une profonde amabilité et d’une très grande gentillesse. Connu de tous, Robert Turcan avait aussi la réputation de connaître tout le monde et avait souvent un mot gentil, une attention, pour chacun.  Robert Turcan portait un attachement sincère à nos collections, et ses filles ont considéré comme une évidence que ses livres reviennent à la bibliothèque de la MOM qu’il considérait comme sa bibliothèque de prédilection. 

Les deux filles de Robert Turcan nous rapportent que dès l’enfance et l’adolescence, dans la période de l’après-guerre, il adorait flâner chez les bouquinistes des quais de Seine. C’est là qu’a débuté sa passion pour les pièces de monnaies, puis pour l’histoire et l’Antiquité. Il aimait aussi déambuler inlassablement dans les salles d’assyriologie du musée du Louvre. Le livre de Franz Cumont, Les religions orientales dans le paganisme romain (cote HCL BL815.O73. C8 1929), lui a mis le pied à l’étrier d’une passion pour l’Orient qu’il a poursuivi tout au long de sa vie, jusqu’à devenir le spécialiste reconnu internationalement des études mithriaques.

Plus de 300 ouvrages, exemplaires de périodiques, et catalogues de ventes de monnaies constituent le don que sa famille a transmis à la bibliothèque de la MOM. Continuer la lecture de Don de Robert Turcan

Mais que contenait le coffre-fort de Salomon Reinach ?

En l’an 1935, un legs fut ratifié entre la famille de Mme Salomon Reinach née Margoulieff et l’Université de Lyon concernant la bibliothèque personnelle de Salomon Reinach. Mais nous vous conterons cette épopée en d’autres temps.
Ce legs comprenait des ouvrages, des meubles et des documents personnels. Parmi ces meubles, il est à noter la présence d’un …
coffre-fort!

© Bibliothèque MOM – 2015

Ce coffre-fort n’était pas qu’un élément décoratif, et il a continué à être utilisé jusque dans les années 2004.
Nous avons souvenance que la bibliothécaire de l’époque en charge de la bibliothèque de l’Institut d’Archéologie classique (dite bibliothèque Salomon Reinach) Dame Simone Charre, s’en servait pour mettre à l’abri des objets, livres, comptes dont elle avait la charge. N’ayant pas de salle fermée et son écritoire ne lui permettant pas une mise en sécurité de ces éléments, le coffre-fort était donc bien venu.

Un funeste jour, Dame Simone nous quitta.
Il ne fut pas possible de retrouver le précieux trousseau permettant d’ouvrir le coffre. De preux chercheurs et coutumiers de la bibliothèque tentèrent leur chance, mais aucun ne possédait le précieux sésame. Quant au contenu du coffre,  bienheureux celui qui aurait pu le dévoiler.

© Bibliothèque MOM – 2015
 

Qui plus est, il était de notoriété publique que seul l’initié (dont on ne peut dévoiler le nom) possédait la formule magique nécessaire en plus de la clé.
Il resta donc fermé, entre les mains de celle qui prit la suite de Dame Simone pour la mémoire de Salomon et des siens au sein de la bibliothèque, (une explication concernant le “Mais pourquoi à la bibliothèque?” ne saurait tarder), au fonds ancien issu de la fusion des bibliothèques d’Instituts amenant à la création de la bibliothèque que vous connaissez.

Les années ont passé, il était grand temps d’avancer.
Nous voulions savoir avec certitude si ce coffre contenait encore des objets, documents quels qu’ils soient.
Des légendes sur le contenu circulaient, mais aucune certitude absolue.
Comme nous sommes têtu·e·s, nous avons cherché des solutions, et nous sommes inventifs.ves !
A l’aide d’une caméra miniature, en passant par l’arrière du coffre (dans lequel se trouve un trou qui ne permet pas de passer la main, ce serait trop simple) nous avons procédé à une exploration.
Les résultats n’étaient pas très nets mais ont permis de s’assurer de la présence d’objets et de documents.

Nous pûmes identifier :

© Bibliothèque MOM – 2018

un cylindre qui pouvait être un porte-document ou le fourreau d’une épée? un parchemin enroulé? plus vraisemblablement une carte au trésor

 

 

© Bibliothèque MOM – 2018

une étiquette colorée :
peut-être le billet d’un voyage dans une lointaine contrée

 

 

© Bibliothèque MOM – 2018

 

une poterie sombre avec une anse : aurions-nous trouver le Graal?

 

 

 

 

Nous pouvions passer à l’étape suivante : l’ouverture du coffre!
Nos cercles de connaissances ne comprenant pas de personne apte à nous aider par des moyens plus ou moins officiels voire légaux (personne n’est parfait), nous nous sommes tournés vers la logique : le serrurier, mage de toutes les portes fermées, serrures récalcitrantes et sanctuaires réputés inviolables.

Nous laisserons un voile pudique se poser sur cette opération, les mages n’aimant pas dévoiler leurs secrets.

Et voilà, le coffre est ouvert!

© Bibliothèque MOM – 2021

 

 

ET VIDE !

 

 

 

 

 

Non, nous avons eu le plaisir de trouver beaucoup de choses qui tiennent aussi bien de l’objet archéologique, de documents personnels de Salomon Reinach et de sa femme comme des diplômes, des médailles honorifiques qui viennent enrichir et compléter la documentation que nous possédons, objets qui relèvent de Victor Loret, des livres.
Voici des photos qui vous montrent la réalité de ce que la caméra miniature ne pouvait pas mettre en lumière :

© Bibliothèque MOM – 2021

S’il ne s’agit pas d’une carte au trésor, il renferme des documents importants comme la Légion d’Honneur de Mme Reinach

© Bibliothèque MOM – 2021
La fameuse étiquette était celle d’une boite renfermant des monnaies
© Bibliothèque MOM – 2021

Quant à la poterie, elle avait 2 anses !

De belles surprises nous attendaient également :

Nous reviendrons sur ces différents éléments lors de billets que voudrons bien écrire ceux qui, en-dehors de ce qui restera à la bibliothèque, auront la charge de les conserver et les valoriser.
Quant à nous,  l’histoire de ce legs et ses corollaires à la bibliothèque vous conterons.

Don de Laurent Chrzanovski

Citoyen suisse et italien, aujourd’hui HDR et Professeur aux Universités, membre de l’Ecole Doctorale de l’Université de Sibiu, Laurent Chrzanovski est surtout connu pour ses recherches et publications dans le domaine des lampes antiques – la lychnologie – sujet auquel il a dédié plus de 20 ouvrages et une centaine d’articles, ainsi que de nombreuses expositions destinées au grand public.

Il est en charge, entre autres, des lampes des fouilles d’Arles-Rhône 3, de celles des missions de l’Université de Varsovie à Novae (Svishtov, Bulgarie) et à Acrae (Sicile) ainsi que des corpus des Musées de Genève (Musée d’Art et d’Histoire) et de Moscou (Musée Historique d’État).

Sa thèse postdoctorale, “De Prométhée à la Fée Électricité“, publiée en 2015 par l’Académie Roumaine, premier ouvrage de son genre à proposer une lecture diachronique et globale des problématiques liées à l’éclairage à travers les âges, les religions et les continents.

Dans une optique fédérative, il a fondé et dirige depuis 2003 Continuer la lecture de Don de Laurent Chrzanovski

La sélection Toutankhamon

L’exposition Toutânkhamon, le Trésor du Pharaon a fermé ses portes le 22 septembre 2019 à la Grande Halle de la Villette, après avoir accueilli plus de 1,3 million de visiteurs.
Elle devient ainsi l’une des expositions les plus visitées de la capitale depuis… l’exposition «Toutankhamon et son temps », de 1967 au Petit Palais. En tournée dans plusieurs grandes villes (Londres, Washington, Sidney, Séoul, Philadelphie, Chicago, Tokyo et Osaka), cet événement marque le centenaire de la découverte du tombeau royal par Howard Carter.

A cette occasion, la bibliothèque de la MOM souhaite mettre à l’honneur le personnage de Howard Carter et son œuvre. Continuer la lecture de La sélection Toutankhamon

Don de Marguerite Gagneux-Granade

Don  de
Madame Marguerite Gagneux-Granade.

Cette ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégée de Lettres classiques, qui fut professeure à Mulhouse puis à Lyon a eu à cœur de faire profiter notre bibliothèque d’ouvrages qui sont venus enrichir sa bibliothèque personnelle tout au long de sa carrière et de ses intérêts très diversifiés.
Ces ouvrages de qualité sont venus compléter avantageusement nos collections.

Mme Gagneux-Granade au milieu de ses livres©2019BibliothèqueMOM

Nous sommes allés chez elle, et nous avons pu parcourir les rayons à la recherche de ces pépites qui feront votre bonheur.
Une voiture bien remplie en est la preuve.

Voiture en cours de remplissage©2019BibliothèqueMOM

Pour vous donner une idée, ce sont quelques 329 ouvrages en très bon état et souvent récents, couvrants la totalité de nos domaines de recherches.

Ainsi, 73 ouvrages en Egyptologie, 117 ouvrages pour le fonds AOC (Archéologie et histoire occidentale) notamment Lugdunum, les Celtes, 27 ouvrages pour le fonds BAB (Méditerranée  médiévale et contemporaine) notamment art copte, tissus coptes et islamiques….

Tous les documents ont à ce jour été traités et sont disponibles dans les rayons de la bibliothèque. Nous profitons de ce billet pour renouveler nos remerciements à Mme Gagneux-Granade et vous invitons à découvrir certains de ces écrits :

L’homme et les mailles.- Editions Insensées, 2016

« L’Homme et les mailles : histoire critique des mailles textiles : filets, réseaux, tricot, crochet » paru en 2016 et qui se trouve à la bibliothèque de la MOM (cote : PHG GN799.T486. G3 2016)

Un article sur « La Tonnellerie dans l’Antiquité », Archéologia, n° 421, avril 2005, disponible à la bibliothèque dans les Périodiques.


Ou bien encore :
Quelques objets surprenants en textile non tissé dans les réserves du musée Bénaki / Marguerite ganeux-Granade – Anastasia Ozoline.- Athènes, 2010.-( Μουσειο Μπενακη ; 9)

Don Diane Masson et centre d’etudes chypriotes

En 2017, à la suite du décès de sa mère, Émilia Masson (voir sa nécrologie1), Diane Masson a fait don au Centre d’Études Chypriotes de la bibliothèque de ses parents.
Conformément à la décision prise en 2018 par le bureau du Centre, cette bibliothèque a été répartie entre les trois centres de recherche sur lesquels s’appuie l’association :
l’Université Paris Nanterre (auprès de laquelle le Centre est aujourd’hui hébergé), le laboratoire HiSoMA au sein de la Fédération Maison de l’Orient et de la Méditerranée – Jean Pouilloux, et le Musée du Louvre – Département des Antiquités orientales.

Les ouvrages reçus, qui reflètent les thèmes de recherche d’Émilia et Olivier Masson (philologie et épigraphie grecques, écritures anciennes, archéologie et histoire de Chypre) sont venus compléter le fonds de la bibliothèque de la MOM. Cette bibliothèque  a reçu le label d’excellence CollEx en 2018 pour, notamment,  les  fonds Chypre et épigraphie grecque. Que Diane Masson en soit ici profondément remerciée !

Franz Georg Maier, Olivier Masson et Antoine Hermary à Kouklia en 1988 (© Archives A. Hermary)

Les champs disciplinaires et les sujets d’étude sur lesquels portent les ouvrages sont en effet variés et ils correspondent aux centres d’intérêt d’Olivier Masson auquel aucun domaine de l’Antiquité grecque n’était vraiment étranger : la philologie (avec un goût particulier pour les formes dialectales grecques et l’onomastique, sans oublier des langues plus rares comme le carien), l’épigraphie (avec un intérêt spécifique pour les formes d’écritures), la numismatique, les cultes antiques (avec les textes et les objets qui s’y rapportent), la géographie historique… Chypre lui permettait de concilier tous ces intérêts, dans un espace insulaire restreint mais à la stratigraphie historique incomparable.
La bibliographie thématique rassemblée dans le volume 27 du Cahier du Centre d’Études Chypriotes, qui lui rend un hommage posthume, est révélatrice. Elle cite les rubriques suivantes : chypro-minoen, épigraphie grecque syllabique, documents syllabiques étéochypriotes, épigraphie sémitique, épigraphie alphabétique, numismatique, écritures et langues, dialecte, onomastique, géographie et histoire, cultes, sites et objets, voyageurs et collectionneurs… Car Olivier Masson a également été en ce domaine un grand défricheur, dénicheur d’archives et auteur d’articles fondateurs (parfois sous le nom de plume de Léon Fivel).

La mémoire d’Olivier Masson est intimement liée à l’histoire du Centre d’Études Chypriotes. C’est en effet Olivier Masson qui, alors professeur de grec à l’Université de Paris X Nanterre et directeur d’étude en philologie grecque à l’EPHE (4e section), a fondé en 1983 le Centre d’Études Chypriotes. L’association « se propose d’étudier et de promouvoir l’histoire et la civilisation de Chypre, sans limitation de dates ou d’époques » (voir l’avant propos du premier fascicule du Cahier). L’« organe de liaison » qu’était le Cahier du Centre d’Études Chypriotes en 1984 est devenu une revue à parution annuelle, de renommée internationale. Le don Masson (chaque ouvrage reçu porte la mention de son origine) enrichit à Lyon un fonds documentaire exceptionnel (outre la bibliothèque, il comprend les archives de la mission archéologique de Kition et Salamine, partiellement accessibles en ligne : chypre.mom.fr). En favorisant le développement de recherches consacrées à l’histoire et à l’archéologie de Chypre, ce don, pour lequel nous remercions encore Diane Masson, répond au vœu du fondateur de notre Centre.

Page de titre d’un des livres reçus en don, tampon d’identification des donateurs ©Bibliothèque MOM

1Cahier du Centre d’Études Chypriotes 47, 2017, p. 9-13, disponible à la bibliothèque de la MOM, dans le fonds des périodiques; bientôt disponible en ligne sur Persée.

Sabine Fourrier
Directrice de recherche au laboratoire HiSoMA, MOM
Présidente du Centre d’Études Chypriotes

Documentation et numérisation d’un corpus de six cent tirés-à-part

Pour compléter ma préparation aux concours des bibliothèques, j’ai effectué un stage volontaire de deux mois à la bibliothèque de la MOM. J’étais chargée d’alimenter la base en ligne « 1000 tirés-à-part Salomon Reinach » (http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/).

Cette plateforme permet à tout internaute de consulter et de télécharger des documents issus du don de la bibliothèque de Salomon Reinach, en 1937. Elle comprend les tirés-à-parts possédés par l’archéologue, c’est-à-dire des articles de revue ou des chapitres d’ouvrage ayant fait l’objet d’une réimpression isolée. La bibliothèque en possède environ sept mille en réserve ; certains sont reliés ensemble pour former des volumes, d’autres sont isolés. Quatre mille d’entre eux sont déjà accessibles sur le site.

J’ai travaillé sur les tirés-à-part isolés. Ce sont des documents fragiles, généralement imprimés entre 1820 et 1930, constitués de quelques feuilles de papier friable hasardeusement reliées entre elles. Les lecteurs ne peuvent donc pas les consulter directement : d’où l’intérêt de numériser cette collection cachée de la bibliothèque.

Ces documents sont classés, en réserve, par ordre alphabétique d’auteur. Le début de l’alphabet avait déjà été numérisé à mon arrivée : je me suis donc chargée de la fin, de J comme Jacobsthal à Z comme Zielinski, soit plus de six cent tirés-à-part.

Le traitement a lieu en deux temps :

1) La description bibliographique, effectuée sur un logiciel interne créé à la MOM. Elle consiste à identifier le document et à renseigner le titre, l’auteur, l’éditeur, la date et le lieu de publication, et à retrouver, si nécessaire et si possible, la source de l’article. J’y ajoute les éléments de description matérielle (langue, format, pagination, code barre et planches éventuelles). Cette étape s’achève par une indexation à l’aide d’une liste à plat évolutive, qui permet aux lecteurs d’effectuer une recherche par thème.

2) La numérisation, qui consiste à scanner les documents puis à traiter les fichiers numériques, notamment en les passant à l’OCR, puis à les mettre en ligne.

Ce travail m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences en matière de traitement de document, de recherche documentaire, de dématérialisation et de stratégie de valorisation. Il permet aux bibliothécaires d’avoir un inventaire à jour et un accès facilité aux tirés-à-parts en réserve ; mais il est surtout utile aux usagers et, plus généralement, aux curieux et chercheurs de toute espèce. La plateforme offre en effet une visibilité à des documents rares (il était fréquent qu’ils ne soient pas catalogués dans le SUDOC), et permet à n’importe qui de les télécharger librement sous format PDF.

*

Ce travail était tout aussi intéressant pour ma formation universitaire en philosophie. Cette immersion dans les coulisses du savoir encyclopédique de Salomon Reinach a été l’occasion d’accumuler les connaissances insolites, fun facts, mystères archéologiques et autres punchlines de polémique intellectuelle épistolaire, pour l’heure répertoriées dans un cahier. Ce n’est pas pour rien que les Reinach étaient surnommés les frères J.S.T. (Je Sais Tout) : l’ensemble des tirés-à-part de la bibliothèque du puîné constitue un témoin de la culture érudite de la fin du XIXe et du début du XXe. J’ai découvert un contenu très varié, dans plus d’une dizaine de langues différentes (des langues européennes au latin et au grec en passant par du russe). On trouvera ici un florilège d’extraits représentatifs avec les liens vers les articles :

 

– Dans la catégorie « Art Grec », Roger Marx propose, en 1907, un parallélisme entre la carrière de Loïe Fuller et les représentations de la danse dans les arts figuratifs grecs.
Roger Marx, Une rénovatrice de la danse (Miss Loïe Fuller), Paris, Bibliothèque du Musée, 1907.
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_150674/MOM_TP_150674_0001/PDF/MOM_TP_150674_0001.pdf

“Danseuses de Pompéi”, in Roger Marx, Une rénovatrice de la danse (Miss Loïe Fuller), Paris, Bibliothèque du Musée, 1907.

Quant à Franz Studniczka, il rend compte de manière détaillée, en 1922, de la restauration du groupe de marbre Artemis sauvant la jeune fille Iphigénie, actuellement conservé à la glyptotèque Ny Carlsberg de Copenhague.
Franz Studniczka, Artemis og Ifigeneia : En marmorgruppe i Glyptoteket, Copenhague, 1922 (en danois).
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_151490/MOM_TP_151490_0001/PDF/MOM_TP_151490_0001.pdf

“Artemis-Ifigenia-Gruppen”, Franz Studniczka, Artemis og Ifigeneia : En marmorgruppe i Glyptoteket, Copenhague, 1922.

– Dans la catégorie « Chiffons », Nikodim Kondakov étudie la fonction, à la fois militaire et d’apparat, des vêtements des étrangers à la cour byzantine.
N. P. Kondarov, “Les costumes orientaux à la cour byzantine”, Byzantion, revue internationale des études byzantines, tome 1, 1924.
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_150071/MOM_TP_150071_0001/PDF/MOM_TP_150071_0001.pdf

N. P. Kondarov, “Les costumes orientaux à la cour byzantine”, Byzantion, revue internationale des études byzantines, tome 1, 1924.

– Dans la catégorie « Vases Antiques », Augusto Negrioli expose les vases peints et les figurines en terre cuite découvertes dans un cimetière étrusque, dans la région de Bologne.
Augusto Negrioli, “Comacchio, vasto sepolcreto etrusco scoperto in Valle Trebba : relazione provvisoria delle campagne di scavo del 1924 e del 1925”, Notizie degli Scavi, n° 7, 8 et 9, 1924 (en italien).
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_150135/MOM_TP_150135_0001/PDF/MOM_TP_150135_0001.pdf

“Figurine in bronzo e rhyton in terracotta”, Augusto Negrioli, “Comacchio, vasto sepolcreto etrusco scoperto in Valle Trebba : relazione provvisoria delle campagne di scavo del 1924 e del 1925”, Notizie degli Scavi, n° 7, 8 et 9, 1924.

– Dans la catégorie « Littérature », Georg Karo revient sur les récits d’Hérodote, Strabon et Elien à propos d’une courtisane grecque vivant en Egypte, Rhodope. Il rappelle entre autres qu’elle serait à l’origine du conte de Cendrillon : un aigle lui aurait volé sa sandale pendant qu’elle était au bain pour la déposer aux pieds du pharaon qui promit d’épouser sa propriétaire.
Georg Karo, “Die Spiesse der Rhodopis”, Journal international d’archéologie numismatique, tome 10, 1907 (en allemand).
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_150019/MOM_TP_150019_0001/PDF/MOM_TP_150019_0001.pdf

– Dans la catégorie « Mystères archéologiques », A. Rowe s’intéresse à l’énigmatique disque de Phaistos, découvert en 1908 à Crète et couvert de hiéroglyphes en spirale. Il suggère une origine chypriote au disque et à ses inscriptions.
A. Rowe, “The Phaestos Disk : its Cypriote origin”, Transactions of the Royal Society of South Australia, vol.  43, 1919 (en anglais).
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_151477/MOM_TP_151477_0001/PDF/MOM_TP_151477_0001.pdf

A. Rowe, “The Phaestos Disk : its Cypriote origin”, Transactions of the Royal Society of South Australia, vol. 43, 1919.

– Dans la catégorie « Octopodes », et pour surfer sur la vogue littéraire du poulpe, M. L. Siret, après s’être intéressé à la stylisation du motif du poulpe dans l’art mycénien, étudie la signification et les représentations des remous de l’eau. Il en conclut que le succès du motif de la pieuvre tient à ce que, comme les mouvements de l’eau, il est une image du mouvement de la vie et de l’univers.
M. L. Siret, “Origine et signification du décor spiralé”, 15. Congrès International d’Anthropologie et d’Archéologie Préhistorique, 4. Session de l’Institut International d’Anthropologie, 1931.
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_151512/MOM_TP_151512_0001/PDF/MOM_TP_151512_0001.pdf

– Dans la catégorie « Polémique d’érudits », on appréciera le différent entre Edmond Saglio (archéologue) et Emile Soldi (sculpteur et graveur), qui mettent leur art de la rhétorique au service du conflit qui les oppose dans la réalisation d’un article sur la ciselure antique. Un « buzz » fin-de-siècle…
Edmond Saglio, Réponse à un libelle intitulé “L’article Caelatura du dictionnaire des antiquités grecques et romaines, signé par M. E. Saglio”, Paris, Hachette & Cie, 1879.
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_151033/MOM_TP_151033_0001/PDF/MOM_TP_151033_0001.pdf
Emile Soldi, Les erreurs d’un érudit : Lettre à M. E. Saglio, Paris, Ernest Leroux, 1879.
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_151474/MOM_TP_151474_0001/PDF/MOM_TP_151474_0001.pdf

– Dans la catégorie « Meilleur titre », on nommera Encore un objet énigmatique, d’Adrien Guébhard, extrait du Bulletin de la Société Préhistorique Française. Tout est dans l’adverbe !
Adrien Guébhard, “Encore un objet énigmatique”, Bulletin de la société préhistorique française, tome 8, 1911.
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_150810/MOM_TP_150810_0001/PDF/MOM_TP_150810_0001.pdf

Adrien Guébhard, “Encore un objet énigmatique”, Bulletin de la société préhistorique française, tome 8, 1911.

– Dans la catégorie « Meilleur Incipit », on citera sans hésitation les premières lignes de l’ouvrage de René Robine, pour le léger instant de désarroi qu’elles peuvent susciter chez le lecteur.
René Robine, Contribution à l’étude de la méthode de percussion métallique et d’auscultation combinées, Paris, Vigot Frères, 1919.
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_151030/MOM_TP_151030_0001/PDF/MOM_TP_151030_0001.pdf

René Robine, Contribution à l’étude de la méthode de percussion métallique et d’auscultation combinées, Paris, Vigot Frères, 1919.

– On terminera enfin sur une catégorie créative : « Défi d’écriture estival », qui vous est proposée par S. G. Mercati. A l’instar de Macaire Caloritès, nous vous mettons au défi de rédiger, à votre tour et sur la plage, « un acrostiche alphabétique sur la vanité de la vie en 24 distiques politiques »…
S. G. Mercati, “Macaire Caloritès et Constantin Anagnostes”, Revue de l’Orient chrétien, 1879.
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_150832/MOM_TP_150832_0001/PDF/MOM_TP_150832_0001.pdf

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Quelques missions annexes m’ont également été confiées : je me suis occupée de l’accueil des usagers, des opérations de prêt et de retour, du rangement des ouvrages, et j’ai traité un fond de thèses reçues, en 2018, par la bibliothèque. Pour valoriser le label CollEx obtenu par la bibliothèque, j’ai catalogué une quinzaine de thèses sur Chypre en Unimarc, je les ai indexées avec le Thésaurus Pactols, puis je leur ai attribué une cote LCC. L’accueil chaleureux des bibliothécaires m’a également permis de clarifier des points de culture professionnelle sur lesquels j’avais de nombreuses questions, notamment pour ce qui relève de la transition bibliographique. Je les remercie de tout cœur !