À Lyon, du 19 au 21 mai 2026, la communauté FRANTIQ (Fédération et Ressources sur l’Antiquité) s’est réunie à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée (MOM) pour son assemblée générale annuelle, placée sous le signe du partage des savoirs, de l’innovation documentaire et de la valorisation du patrimoine archivistique. Pendant trois jours, documentalistes, bibliothécaires, professionnels de l’information scientifique et archivistes ont échangé autour des enjeux actuels de la documentation en sciences de l’Antiquité, de l’archéologie et des études anciennes.
Mardi 19 mai, le premier jour a marqué l’ouverture des travaux avec une session plénière magistralement introduite par Sabine Fourrier (directrice de la MOM) et Bruno Helly (chercheur CNRS émérite, fondateur et ancien administrateur de FRANTIQ). Ce dernier nous a narré, avec son brio coutumier, la déjà longue histoire scientifique et technique du réseau (plus de 40 ans) dans un exposé très référencé où nous avons pu entendre des acronymes oubliés comme TEXTO, Minitel, 3615 FRANTIQ, SUNIST, W3-Xmosaic, SILEX…
Ensuite, Véronique Humbert (directrice de FRANTIQ), Stéphanie Delaguette (directrice-adjointe) et Miled Rousset (directeur technique) ont brillamment présenté le bilan 2025/26 du réseau thématique FRANTIQ. Le reste de l’après-midi a été consacrée à des animations interactives : un rallye documentaire, proposé par l’équipe de la bibliothèque de la MOM, pour explorer de manière ludique les riches collections documentaires de la MOM, ainsi qu’une découverte des cartes historiques de Lyon, animée par le facétieux Jillian Akharraz, médiateur à la Direction Archéologique de la Ville de Lyon, qui a mis en lumière l’évolution urbaine de la cité, de l’Antiquité à nos jours. Ces deux activités complémentaires ont été très appréciées par les FRANTIQuien.nes qui ont volontiers joué le jeu.
Mercredi 20 mai, le gros morceau des journées FRANTIQ, a été rythmé par des ateliers pratiques conçus pour répondre aux besoins concrets des professionnels présents.
La matinée a été marquée par une série d’ateliers dynamiques et interactifs. Ainsi, les participants ont pu opter pour un atelier pratique sur Mir@bel, dédié à la veille et à la qualité des données pour les accès en ligne des revues en archéologie et sciences de l’Antiquité. Animé avec rigueur et clarté par Marie Chebance et Hugues Paquot (qu’on ne présente plus à la MOM), cet atelier a permis des échanges de pratiques constructifs sur l’amélioration du signalement de ces revues présentes dans le catalogue FRANTIQ.
En parallèle, la dream-team du GT Pactols (Emmanuelle Bryas, Sophie Kielwasser, Sarah Roussel, Patricia Moitrel et l’incontournable Miled Rousset) a proposé une immersion stimulante dans le cycle de vie d’un concept (mot-clé), de sa création à son intégration dans le thésaurus, suscitant des discussions animées entre les participants.
Par ailleurs, un atelier attendu sur les accès Auteur avec IdRef dans Koha, animé par l’inénarrable Anaïs Mauriceau (CFEEK), a permis d’acquérir des compétences nécessaires pour l’alignement des auteurs et la création de notices d’autorité dans le référentiel IdRef (par création directe ou dérivation d’une notice VIAF).
À la suite de ces intenses sessions de travail, un délicieux buffet convivial et bienvenu a été organisé dans le hall de la bibliothèque, offrant un moment de détente et de partage entre les convives, propice au réseautage, à l’échange d’idées et surtout au papotage.
L’après-midi, deux ateliers très prometteurs étaient proposés. Le premier, sur la correction des notices en doublon dans FRANTIQ, dirigé par les charismatiques Marie Chebance et Marina Fernandez (MSH Mondes), a fourni des outils pratiques et efficaces pour optimiser la gestion des notices. Le second, sur le traitement et la communicabilité des archives de l’archéologie, animé par les égéries du GT Archives (Corinne Jouys Barbelin, Aurélie Montagne-Borrâs et Soline Morinière), a abordé de manière concrète et appliquée les bonnes pratiques pour les archives physiques et numériques, suscitant un grand intérêt et des débats passionnés.
La journée s’est achevée en beauté par une visite captivante du Musée des Moulages (Mumo) de l’Université Lyon 2, où les visiteurs ont pu admirer, dans un cadre exceptionnel, une sélection des moulages de la collection, copies fidèles d’œuvres majeures de la sculpture occidentale, de la Grèce antique au XIXe siècle.
Jeudi 21 mai, la dernière demi-journée été consacrée à une session plénière de clôture, riche en bilan et réflexions stratégiques. Les bienheureux Carole Melzac et François Mistral ont présenté, en visio, les transformations liées au nouveau projet d’établissement 2024-2028 de l’Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur (ABES), un enjeu clé pour l’écosystème documentaire dont FRANTIQ est partie prenante, d’où il est ressorti que si la route est droite, elle est néanmoins pentue.
Nos éminentes collègues Nathalie Letellier-Becquart (MSH Mondes) et Emmanuelle Bryas (INRAP) ont ensuite exposé les travaux du groupe de travail transversal en ingénierie documentaire dont le but affiché est d’offrir un espace de discussion sur l’évolution de nos métiers et des nouvelles technologies, d’avoir une vision d’ensemble sur les pratiques documentaires des professionnels du réseau et des chercheurs, dans un esprit de collaboration entre institutions.
En conclusion de ces séances plénières, Véronique Humbert a dressé un bilan globalement positif des journées, tandis que les animateurs des groupes de travail ont partagé leurs perspectives (nouveaux projets, évolution de la composition des GT, bonnes pratiques…) pour la prochaine année.
La matinée et les journées FRANTIQ se sont achevées par une visite des archives de la MOM, guidée par Laure Bézard, offrant un aperçu des documents qui y sont conservés et des défis de leur traitement, préservation et valorisation.
Parfaitement organisés, ces trois jours, qui ont rassemblé une cinquantaine de participants issus du CNRS, de l’INRAP, d’universités, de musées, de SRA… ont confirmé l’importance de FRANTIQ, réseau thématique dynamique, au service de la recherche, de la documentation et de la médiation en archéologie et sciences de l’Antiquité. Entre ateliers pratiques, expertises partagées, échanges techniques, prospectives et découvertes patrimoniales, les participants sont repartis avec de nouvelles compétences, des contacts enrichissants et une vision renforcée des enjeux communs. Rendez-vous est déjà pris pour la prochaine édition, au printemps 2027 avec l’ambition de poursuivre cette démarche collaborative, au cœur des mutations du paysage documentaire et scientifique.












































